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26 juillet 2009

Un Tour sauvé par une poignée d'individualités

Le Tour de France 2009 est fini, vive le Tour de France 2010. Que penser de l'édition qui s'achève ? Globalement, pas terrible. Pendant plusieurs jours, nous nous sommes franchement ennuyé sur cette Grande Boucle, au point de nous endormir devant notre écran. Faut dire que la télé ne facilite pas les choses en proposant de longues heures de direct, voire des étapes en intégral lorsque cela ne se justifie pas. Heureusement, la course a été sauvé par quelques individualités. Alberto Contador, bien sûr, même si le coureur espagnol a paru un rien trop effacé et que s'il n'avait pas eu, au sein de sa propre équipe, un match dans le match, il se serait trop aisément promené vers la victoire. On l'écrivait déjà, Lance Armstrong a, en bonne partie, assuré le spectacle pendant et en dehors de la course. Il termine sur le podium, c'est tout simplement remarquable. Nous avons aussi apprécié les 6 succès, au sprint, de Mark Cavendish, véritablement sans rival. Mais pourquoi ses rivaux se sont-ils laissés mener à l'abattoir à autant de reprises ? On a aussi aimé la détermination des frères Schleck et la révélation de Bradley Wiggings qui, désormais, doit confirmer. A ce propos, l'Italien Nibali a réussi, mais c'est encore le cas de Jurgen Van den Broeck, l'un des rares coureurs belges à se mettre en valeur, alors que Maxime Monfort a (définitivement ?) endossé la tunique du domestique. Tony Martin, ce fut bien aussi, mais comme Wiggings, il devra confirmer ultérieurement. Quant à Pellizotti et Hushovd, deux coureurs d'expérience, ils ont témoigné que lorsqu'on se fixe un objectif, qu'on est bien préparé et qu'on possède la science de la course, on peut relever bien des défis. L'Italien n'était pas le meilleur grimpeur du lot (c'était Contador), il ramène le maillot à pois. Le Norvégien n'était pas le meilleur sprinter (c'était Cavendish bien sur), il obtient un nouveau maillot vert. A tous, merci et à l'année prochaine. On espère que ce sera plus passionnant et que le Tour sera mieux dessiné...

25 juillet 2009

Thank you, Lance Armstrong !

Thank you, Lance Armstrong ! Oui, merci à Lance Armstrong qui a réellement sauvé une grande partie de ce Tour de France. Sans l'Américain et son duel interne avec Alberto Contador, grand favori, l'épreuve n'aurait, sans doute, pas été aussi intéressante. Certes, les frères Schleck, Andy en particulier, ont pleinement rempli leurs rôles de challenger et on souhaite qu'un jour, le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège termine en jaune à Paris et offre ainsi au Grand Duché du Luxembourg une victoire finale dans le Tour, la dernière datant de 51 ans lorsque Charly Gaul s'imposa. Mais Contador était, cette année, supérieur, il a frappé quand il a voulu et n'a jamais donné de signe de faiblesse. Seul un petit manque d'expérience et de science de la course a pu mettre l'Espagnol en (très) légère difficulté, comme dans la plaine de Camarague où il fut piégé par son propre équipier, Armstrong. Tout l'intérêt de ce Tour s'est concentré sur les relations entre Contador et Armstrong qui doivent se retrouver ce dimanche sur le même podium, l'un sur la plus haute marche, l'autre sur la troisième. Ce qui, pour un revenant, un homme ayant mis un terme à sa carrière sportive et étant ensuite revenu au plus haut niveau, est, déjà, un réel exploit. Armstrong avait beaucoup à perdre en retournant sur le Tour. Il a beaucoup gagné, en particulier, en popularité et en sympathie.

24 juillet 2009

Le maillot vert n'est pas toujours le plus rapide

Et de cinq pour Mark Cavendish qui, dans les sprints massifs de ce Tour 2009, est réellement imbattable. Et pourtant, le Britannique n'a toujours pas récupéré le maillot vert, perdu, lors de son déclassement, à l'issue de la 14e étape, dans un sprint pour... la 13e place. Depuis, Hushovd a fait fructifier son avantage. Et aujourd'hui, même sans son déclassement, Cavendish serait deuxième du classerment par points, mais certes beaucoup plus près de son rival norvégien. Celui-ci possède à deux jours du but, 25 points d'avance et si l'on part du principe que le Ventoux ne profitera pas aux sprinters, il n'y a que sur les Champs Elysées que 35 points seront à prendre ou à perdre. Si Cavendish l'emporte à Paris, Hushovd doit terminer parmi les quinze premiers pour assurer son maillot vert. Injuste, disent certains, le maillot vert devrait revenir au meilleur sprinter. Pas nécessairement et ce ne fut assurément pas toujours le cas. Eddy Planckaert, en 1988, s'était imposé au classement par points, sans remporter une seule étape, alors que le Hollandais Van Poppel s'était imposé à quatre reprises. Le classement par points est d'abord une question de régularité. Hushovd a aussi su prendre des initiatives, prenant des points en attaquant en cours d'étape. De toute manière, si Cavendish gagne une sixième manche sur les Champs, il se consolera vite de la perte du maillot vert... 

23 juillet 2009

Le Ventoux désignera les dauphins de Contador

Nous demeurons persuadé que ce Tour 2009 a été mal découpé, que les étapes pyrénéennes étaient mal construites et que pendant près de 15 jours, beaucoup se sont copieusement ennuyés en suivant l'épreuve. Mais il est aussi vrai que cette 3e semaine est passionnante. Par contre, si les organisateurs avaient souhaité voir le maillot jaune se jouer dans l'avant-dernière étape, sur les pentes du Mon Ventoux, ils sont déçus. Mais le Géant de Provence devrait, néanmoins, jouer un rôle décisif dans le contexte de la course. Sauf surprise peu probable ce vendredi, c'est samedi qu'on saura qui accompagnera Contador sur le podium final à Paris. Nous croyons que la place de premier dauphin ne devrait pas échapper au jeune Andy Schleck, celui qu'on avait désigné, au départ, comme le principal rival de l'Espagnol. Mais qui viendra avec lui sur ce podium: son frère Frank ? L'étonnant Bradley Wiggins ? Un équipier de Contador: Klöden ou...Lance Arsmtrong ? Ce dernier a déjà réussi son Tour. Mais il aimerait sans doute terminer troisième du classement final, place qu'il a récupérée jeudi à la faveur de la manche chronométrée. L'Américain a cependant témoigné de sa fatigue. Son troisième rang est loin d'être acquis. Il ne possède que 11 secondes d'avance sur Wiggins, 13 sur Klöden et 34 sur Frank Schleck, sans doute le meilleur grimpeur des quatre prétendants à cette fameuse troisième marche. Évidemment, si Contador n'avait pas fait exploser son propre équipier Klöden mercredi, on n'en serait pas là et tout serait joué. Ce n'est pas le cas. Tant mieux !

22 juillet 2009

Les Schleck, une belle histoire de famille

Ne revenons plus sur le cas de Jurgen Van den Broeck, le grimpeur belge a tout simplement confirmé lors de la grande étape des Alpes ce que nous disions la veille (voir plus bas). Pour la troisième fois consécutive, Van den Broeck a figuré parmi les attaquants du jour, il a été le tout dernier à être repris par les quatre meilleurs du Tour, Contador et son équipier Klöden ainsi que les frères Schleck. Ce sont ces derniers les véritables héros de cette importante manche de montagne, l'avant-dernière, puisqu'il y aura encore l'escalade du Ventoux samedi. Andy et Frank, Frank et Andy ont fait la course qu'on espérait d'eux. Alors que tout le monde semblait accepter la domination de la formation Astana et du maillot jaune Contador, ils ont tout tenté, réussissant même à isoler le leader espagnol. Il faut à la vérité d'écrire que...Contador leur a donné un coup de pouce. Déjà content d'avoir lâché Armstrong, resté auprès de Wiggings qu'il fallait à tout prix distancer, le maillot jaune a attaqué une seule fois. Et il a provoqué la défaite de son équipier Klöden ! Les décisions prises par Contador ne sont pas toujours les meilleures, on le sait. Andy et Frank Schleck, eux, n'ont pas coincé. Ils sont revenus sur Contador et ont poursuivi leur course vers l'avant. Certes, ils ne songeaient plus à faire vaciller Contador, mais il s'agissait désormais de placer Andy sur le podium final - ce n'est pas encore gagné compte tenu du chrono - et de remporter l'étape, ce qui fut fait avec Frank. À noter que l'Espagnol n'a pas eu l'audace de leur contester celle-ci et c'est bien. Entre-temps, les frères Schleck, c'est une bien belle histoire de famille !

21 juillet 2009

Silence-Lotto: tactique zéro !

Lorsqu'on compte en ses rangs, un coureur qui a terminé, un an plus tôt, 7e d'un Tour d'Italie particulièrement montagneux, on le protège. D'autant plus que ce coureur a été devancé, au classement final du Giro, par des hommes comme Ricco et Sella, dont on sait qu'ils ont été, ensuite, convaincus de dopage. Or, les directeurs sportifs de l'équipe Silence-Lotto ont très vite, beaucoup trop vite, sacrifié ce coureur, Jurgen Van den Broeck en l'occurence. Victime d'une mauvaise glissade tout au début de l'étape chronométrée, Van den Broeck a été abandonné par les siens, déboursant près de six minutes au classement général et encaissant, au passage, un sale coup au moral. Depuis, Van den Broeck n'a cessé de se mettre en valeur. Ce mardi 21 juillet, il était, avec Pellizotti, le meilleur du groupe d'échappés. Il n'a, hélas, pas gagné l'étape, se contentant d'une place d'honneur. Quant à Cadel Evans que ses dirigeants voulaient protéger au détriment de Van den Broeck, il a perdu de nombreuses minutes. Côté tactique, Silence-Lotto, c'est zéro !

20 juillet 2009

Bradley Wiggings est étonnant

Chaque Tour de France révèle l'un ou l'autre coureur qui au départ de l'épreuve ne figurait pas parmi les favoris, voire même parmi les outsiders. C'est assurément le cas, cette année, de Bradley Wiggings. La métamorphose de ce Britannique, né à Gand, en Belgique, il y a 29 ans, est étonnante. On l'avait certes vu gagner quelques prologues. Mais jusqu'ici, il avait terminé 134e du Giro (en 2008), 124e du Tour de France  (2006) et 123e du Giro (2005). Il s'est surtout forgé un excellent palmarès dans les épreuves sur piste: la poursuite, la poursuite par équipes et l'américaine, en particulier avec son compère Mark Cavendish. De là à imaginer qu'il serait capable de figurer sur le podium du Tour de France (il est actuellement 3e du classement général à 1.46 de Contador !), il y a une marge que personne n'aurait osé franchir. Et à propos de franchir, si Wiggings réussit à escalader les cols alpins avec autant d'aisance que les Pyrénées et la montée de Verbier, il pourra même menacer Contador, car il est un spécialiste du chrono. Nous avouons volontiers que la présence de Wiggings parmi les meilleurs du Tour 2009 est étonnante. Soit le Britannique se révèle et se découvre de nouvelles dispositions, soit, jusqu'ici, le Tour fut d'un niveau relativement bas au niveau de ses difficultés naturelles. On en saura plus dans les trois jours qui suivent...

19 juillet 2009

Le Tour commence ? Non, il est fini...

On espérait samedi soir que le Tour commence enfin à l'occasion de l'étape s'achevant à Verbier. Le tout après 15 jours de course quand même. On craint cependant qu'au terme de cette 15e manche, que le Tour soit déjà fini. En un jour, Alberto Contador a fourni toutes les réponses aux questions qu'on se posait. Etait-il le plus fort de sa formation ? Oui. Etait-il capable de supporter la pression mise au sein de sa propre équipe ? Oui. Armstrong ne lui avait-il pas sapé le moral échappant à sa vigilance dans l'étape de la Camargue ? Non. Le véritable vainqueur du Tour de France 2009, était-ce lui ? Oui, sauf accident. Contador a mis les points sur les "i". Il a témoigné de sa supériorité en montagne. Seuls les frères Schleck ont essayé, et c'est tout leur mérite, de suivre le coureur espagnol. En vain. Contador est installé en tête du classement général et, désormais, sa forte formation Astana va rouler pour lui. Armstrong, en personne, va se mettre à son service, tout en essayant de s'accrocher à la deuxième place du classement général. Ce qui ne sera pas facile pour l'Américain qui, en haute montagne, témoigne de son âge et de son interruption de carrière. La logique sportive semble donc sauvegardée. En ce qui concerne le Tour, on se demande pourtant s'il n'est pas fini le jour où il a commencé...

Boonen mérite qu'on le laisse tranquille !

Dès l'annonce du retrait de Tom Boonen, peu avant le départ de la 15e étape du Tour, les commentaires ont fusé. Certains se sont déchaînés contre le champion de Belgique, faisant des allusions parfois très lourdes par rapport à ses erreurs passées. D'autres, heureusement, se sont montrés moins durs, se souvenant peut-être que celui qui est décrié par beaucoup aujourd'hui, a enthousiasmé les foules à plus d'une reprises. Tom Boonen a été un champion très jeune. A 24 ans déjà, il avait remporté le Tour des Flandres et Paris-Roubaix et il était devenu champion du monde la même année. Cette saison encore, il a triomphé, pour la troisième fois, et de manière spectaculaire à Paris-Roubaix. Il est ensuite devenu champion de Belgique à Aywaille. Faut-il brûler ce qu'on a adoré parce que dans ce Tour où rien n'a fonctionné normalement, il abandonne sans gloire ? Non, bien sûr. Sportivement, nous n'étions pas sûr que Boonen avait raison de courir l'épreuve de juillet. Mais par principe et parce qu'il avait des obligations vis-àvis de ses sponsors, il a pris le départ. Aujourd'hui, qu'on le laisse tranquille. Il reviendra, sans doute, une fois de plus, au sommet. Ce ne serait pas son premier retour gagnant !

18 juillet 2009

Quand commence le Tour ?

Alors qu'on a salué une nouvelle victoire d'une révélation du printemps, Sergei Ivanov (vainqueur de l'Amstel Gold Race et 5e, entre autres, de Liège-Bastogne-Liège) succédant à Haussler, on s'est une fois encore copieusement ennuyé sur la route du Tour de France. Tout le monde se pose la même question depuis plusieurs jours: quand commence le Tour ? Après nous avoir dit que ce serait dans les Pyrénées, où on n'a rien vu, puis dans les Vosges, où ce fut pire encore, voilà qu'on nous annonce que la manche qui s'achève ce dimanche à Verbier, en Suisse, va, enfin, lancer la Grande Boucle 2009. On l'espère, mais on finit par douter de tout. Si on nous propose une procession des favoris jusqu'au pied de l'ultime montée où est jugée l'arrivée et si, comme à Arcalis (Andorre) tout se décide dans les trois derniers kilomètres, alors, on sera encore déçu. Entre-temps, Nocentini a conservé, de justesse, son maillot jaune. Une dernière fois sans doute. Et là, on s'est bien amusé à voir les Columbia tenter de freiner le peloton pour permettre à Hincapie, issu de l'échappée du jour, de devenir le nouveau leader de la course, tout en protégéant Cavendish en lutte pour le maillot vert. Finalement, Cavendish a pris un petit point à Hushovd, mais l'Américain a échoué pour cinq secondes face à Nocentini. Tant mieux pour le coureur italien et ses équipiers qui ont fait le maximum pour réduire les écarts. Ils ont même reçu un drôle de coup de main de la part de quelques coureurs de la formation Garmin, l'autre équipe américaine, qui ne souhaitait peut-être pas que sa rivale Columbia prenne toute la publicité sur ce Tour. Les succès de Cavendish plus un maillot jaune détenu par Hincapie, cela aurait quand même fait beaucoup. Bien après cette étape, le jury des commissaires a pris une décision importante en déclassant Cavendish, qui avait fermé la porte à son rival norvégien au moment du sprint du peloton. Le Britannique s'est retrouvé tout dernier et privé de points. Hushovd a ainsi fameusement consolidé son maillot vert. Les Columbia, qui visaient les deux couleurs, se sont donc retrouvés bredouilles. Qui trop embrasse, mal étreint dit-on...